Épidémiologie
Qui sont les malades des reins en France ?
Épidémiologie : les malades des reins en France et en Bourgogne
L’insuffisance rénale est insidieuse. Le rein est un organe particulièrement discret, y compris lorsqu’il est touché par une pathologie chronique.
Selon l’étude de Valerie et al (Néphrologie & Thérapeutique, 2021, vol. 17, n°. 7, p. 526-531), 1,5 à 2 % de la population générale de 18 à 75 ans est atteinte d’une maladie rénale chronique. En extrapolant ces données à la population française âgée de 18 à 75 ans (45 millions de personnes), on estime le nombre de malades chroniques du rein entre 600 000 et 900 000 personnes.
Sa fréquence est plus élevée chez les personnes de plus de 65 ans. De 6,5 à 9,9 % des patients âgés de 65 à 75 ans souffrent d’une maladie rénale chronique.
Néanmoins, nul ne connaît le nombre réel de malades des reins en France. En effet, ces données ne reflètent probablement pas la réalité, du fait d’un dépistage trop peu répandu et d’une maladie silencieuse.
Dépister tôt une maladie rénale pourrait permettre une prise en charge précoce pour limiter l’aggravation de l’insuffisance rénale chronique.
La dialyse en France en 2021
En 2021, le rapport R.E.I.N estimait à 52 500 environ le nombre de personnes sous dialyse, qu’il s’agisse d’hémodialyse ou de dialyse péritonéale.
La dialyse est un traitement de suppléance de l’insuffisance rénale chronique terminale. En d’autres termes, les malades des reins dont la fonction rénale est trop dégradée pour permettre une survie à long terme peuvent se voir proposer un traitement d’épuration du sang.
Les maladies sous-jacentes et caractéristiques des patients
Le rapport R.E.I.N 2021 permet de connaitre les maladies à l’origine de l’insuffisance rénale chronique chez les patients dialysés français. Les causes sont les suivantes :
- Hypertension pour 25% des cas
- Diabète pour 23% des cas
- Inconnues pour 18% des cas
- Glomérulopathie (par exemple néphropathie à IgA, hyalinose segmentaire et focale, glomérulonéphrite extra-membraneuse….) dans 10% des cas
- Polykystose hépato rénale dans 9% des cas
- Pyélonéphrite chronique dans 7% des cas
L’insuffisance rénale chronique touche plus les hommes que les femmes (1,7 hommes pour une femme malade). 52 % des dialysés ont plus de 65 ans.
La maladie rénale chronique est plus fréquente dans certaines régions de France.
Source : Agence de Biomédecine
L’hémodialyse en France
L’hémodialyse est un traitement médical utilisé pour éliminer les déchets et l’excès de liquide du sang chez les patients dont les reins ne fonctionnent plus correctement. C’est la technique de dialyse utilisée pour 94 % des patients en dialyse.
Selon les chiffres 2021 de l’Agence de Biomédecine, l’âge moyen des patients hémodialysés est de 70 ans.
En France, selon les chiffres 2021 de l’Agence de Biomédecine, il existait 820 centres d’hémodialyse répartis sur l’intégralité du territoire national. Cela permet d’assurer un accès facilité aux malades chroniques du rein.
L’hémodialyse est décidée par un néphrologue, le médecin spécialisé dans les maladies rénales.
L’hémodialyse peut se réaliser en centre de dialyse (le plus souvent) ou au domicile chez les patients les plus autonomes :
En centre | Au domicile (nécessite une autonomie) | |
Modalités |
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Surveillance |
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Si le patient dialysé ne se rend pas à ses séances de dialyse, son pronostic vital sera engagé.
Les séances d’hémodialyse peuvent se compliquer de crampes et de chutes de tension.
La dialyse péritonéale
La dialyse péritonéale représente 6% des dialyses en France. On utilise la membrane qui entoure les viscères, le péritoine, comme filtre pour la dialyse.
Cette méthode de dialyse se fait à la maison, soit en autonomie complète soit avec l’aide d’une infirmière au domicile. Il existe deux méthodes de dialyse péritonéale :
Dialyse péritonéale continue ambulatoire | Dialyse péritonéale automatisée | |
Modalités |
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Surveillance |
Consultations avec un néphrologue toutes les 4 à 6 semaines Réalisation de biologies en ville |
Le but de la dialyse péritonéale est identique à l’hémodialyse : l’épuration du sang en remplacement de la fonction de filtration du rein.
L’efficacité des deux méthodes de dialyse (hémodialyse et dialyse péritonéale) est identique.
La greffe rénale en France
La greffe (ou transplantation) rénale est un acte chirurgical qui place un nouveau rein sur les vaisseaux iliaques du receveur. La greffe permet de récupérer une fonction rénale. Il est par la suite nécessaire de prendre des traitements qui assurent la survie du greffon.
En 2021, environ 41 500 personnes étaient porteuses d’un greffon rénal fonctionnel. L’âge moyen des patients greffés est de 59 ans.
En 2022, 3 376 greffes rénales ont été réalisées.
À 10 ans de la greffe, plus de 60 % des greffons rénaux fonctionnaient toujours selon le rapport de l’agence de la biomédecine. La durée de survie des greffons dépend notamment de la prise médicamenteuse du receveur et de son suivi, de la qualité initiale du greffon et de la maladie initiale du receveur. Lorsque le greffon n’est plus fonctionnel, le receveur peut de nouveau être pris en charge en dialyse. Une nouvelle greffe peut parfois être envisagée.
La greffe se réalise dans un centre de référence. Il existe plusieurs centres de greffe, répartis sur l’ensemble du territoire. Le patient a le libre choix de son centre de greffe mais ne peut être inscrit que dans un centre. L’accessibilité à la greffe est définie selon un score et la liste d’attente est gérée au niveau national par l’agence de la biomédecine. Ainsi, la répartition des greffons est la plus équitable possible sur le territoire.
Source : Agence de Biomédecine
Selon le rapport R.E.I.N 2021, le délai d’attente moyen pour l’accès à la greffe est de 52 mois (soit un peu plus de 4 ans). Ce délai varie en fonction de l’âge du receveur, de son immunisation, de son groupe sanguin, de la durée de son traitement par dialyse, le tout selon le score national défini par l’agence de la biomédecine.
Source : Agence de Biomédecine
Les maladies sous-jacentes et caractéristiques des patients
Le rapport R.E.I.N 2021 permet de connaitre les maladies à l’origine de l’insuffisance rénale chronique chez les patients greffés français.
Les causes sont les suivantes :
- Glomérulopathie (par exemple néphropathie à IgA, hyalinose segmentaire et focale, glomérulonéphrite extra-membraneuse….) dans 26 % des cas
- Polykystose hépato rénale dans 15 % des cas
- Hypertension artérielle dans 8 % dans cas
- Diabète dans 8 % dans cas
- Pyélonéphrite chronique dans 7 % des cas
- Autre maladie ou cause inconnue dans 35 % des cas
Comme en dialyse, le ratio homme/femme est de 1,7, c’est-à-dire qu’il y a plus d’hommes greffés du rein que de femme (puisque la maladie rénale chronique touche plus souvent les hommes).
Les types de donneurs
La plupart du temps, le greffon rénal provient d’un patient décédé dans des conditions particulières qui permettent le prélèvement de ses organes.
Il est aussi possible d’être greffé grâce à un don vivant. Il s’agit d’une personne qui est proche du patient insuffisant rénal et qui se manifeste comme souhaitant lui donner un rein. Après un bilan bien complet du donneur afin de s’assurer de l’absence de risque d’insuffisance rénale suite au don, la greffe peut être organisée. En 2022, 511 greffes (soit 15,1 %) ont eu lieu par don vivant. Lorsqu’un donneur vivant est trouvé, cela est une chance pour le patient insuffisant rénal chronique. En effet, les greffes par don vivant permettent une diminution du temps d’attente d’un greffon et le greffon a généralement une meilleure survie que lorsqu’il provient d’un donneur décédé.
Les types de greffe
La plupart du temps, la greffe est réalisée après que le patient ait débuté la dialyse.
Certains patients bénéficient d’une greffe avant de débuter la dialyse. On parle de greffe pré-emptive. L’âge médian des personnes ayant reçu une greffe pré-emptive est de 50 ans selon le rapport R.E.I.N. En 2021, 3,5 % des patients en insuffisance rénale chronique terminale ont reçu une greffe pré-emptive, don 45 % avec un donneur vivant.
Lorsqu’une personne est greffée de plusieurs organes en même temps, on parle de greffe combinée.
Qui sont les malades du rein en Bourgogne ?
Selon les données R.E.I.N, en Bourgogne en 2022, 1111 patients bénéficiaient d’un traitement par dialyse, dont 1030 en hémodialyse et 81 en dialyse péritonéale. 919 patients étaient greffés rénaux dont 122 à partir d’un donneur vivant.
La dialyse, en Bourgogne, est notamment assurée par les centres hospitaliers d’Auxerre, Sens, Nevers, Dijon, Chalon-sur-Saône et Mâcon. En plus de la dialyse assurées par les centres hospitaliers sus cités, deux associations de dialyse (Santélys et Aura) et une clinique de dialyse assurent de la dialyse sur le territoire de Bourgogne, permettant une extension géographique plus importante. Ainsi, il existe aussi des centres de dialyse dans les villes de Talant, Beaune, Montceau-les-Mines, Cosne-Cours-sur-Loire et Decize grâce à ces structures.
Pour la greffe, les patients sont le plus inscrits sur les villes de Dijon, Lyon et Paris.
Mortalité des patients malades du rein en France
La maladie rénale chronique terminale est une maladie sévère grevée d’une mortalité élevée.
Selon les données du rapport R.E.I.N 2021, la mortalité globale est de 10,4 % dont 16,5 % chez les patients dialysés et 4 % chez les patients greffés. Cette différence de pourcentage est liée au fait que les patients greffés sont souvent plus jeunes et ont souvent moins de maladies en plus de leur insuffisance rénale chronique que les dialysés.
L’âge médian de décès est de 78 ans.
En dialyse, la médiane de survie est de 2,3 ans selon le rapport R.E.I.N 2021. En réalité, cette médiane de survie dépend fortement de l’âge du patient, de ses maladies cardio-vasculaires associées et de la présence d’un diabète.
Source : Agence de Biomédecine
Selon le rapport R.E.I.N 2021, les causes de décès en insuffisance rénale chronique terminale sont les suivantes :
- Maladie cardiaque (21 %) : infarctus, troubles du rythme, insuffisance cardiaque, AVC…
- Infections (14 %)
- Mort subite (10 %)
- Cancers (10 %)
Ainsi, lorsqu’un patient est âgé et porteur de maladies cardiaques ou de diabète, sa survie en dialyse est limitée. Or la dialyse est un traitement lourd. C’est la raison pour laquelle la stratégie de la prise en charge de l’insuffisance rénale chronique terminale doit être discutée avec un néphrologue et prendre en compte les souhaits du patient afin de préserver au mieux sa qualité de vie.
Enfin, puisque l’insuffisance rénale est une maladie grave qui entraine un grand nombre de décès, il est important de la dépister au plus tôt et d’adopter une bonne hygiène de vie pour limiter sa survenue ou sa progression.