Comprendre l’Insuffisance Rénale Chronique (IRC)
Quelles sont les causes, les symptômes et traitements de l'insuffisance rénale chronique ?
L’Insuffisance Rénale Chronique, ou IRC, affecte la capacité des reins à remplir leurs fonctions.
Pour de nombreux patients et leur famille, l’annonce du diagnostic d’IRC est une source d’inquiétudes et de questions.
Le Réseau de Néphrologie Bourgogne-Franche Comté vous propose de mieux comprendre cette affection rénale. Lien vers la page expliquant les programmes Dans cette page, nous allons explorer ce qu’est l’IRC, ses causes, ses symptômes, et comment vivre au mieux avec cette pathologie.
Qu’est-ce que l’Insuffisance Rénale Chronique (IRC) ?
L’IRC est une le résultat d’une maladie qui entraine la dégradation inéluctable, plus ou moins rapide, de la fonction rénale. Ainsi, les reins perdent progressivement leur capacité à filtrer efficacement le sang et à éliminer les déchets et l’excès de liquides du corps.
Cette perte de fonction rénale peut se développer sur une très longue période, parfois des années. Elle n’est pas douloureuse et passe souvent inaperçue.
Les Causes de l’IRC
Plusieurs maladies peuvent contribuer au développement de l’IRC. Parmi les plus courantes, on retrouve :
- L’hypertension artérielle
- Le diabète
- Les maladies héréditaires
- Les infections urinaires à répétition
- Certaines maladies auto-immunes
L’utilisation prolongée de médicaments néphro-toxiques peut également augmenter le risque d’IRC.
Les Symptômes de l’Insuffisance Rénale Chronique
Très variables, les symptômes de l’Insuffisance Rénale Chronique peuvent évoluer d’une personne à l’autre. Les symptômes dépendent du stade de la maladie.
Cependant, à mesure que la maladie progresse, on remarque l’apparition des symptômes tels que :
- Une fatigue persistante
- Des gonflements au niveau des jambes ou des chevilles (oedèmes)
- Une perte d’appétit
- Des démangeaisons cutanées persistantes (prurit urémique)
- Des problèmes de sommeil
- Des crampes musculaires
- Des nausées et vomissements
Ces symptômes peuvent être le résultat de l’accumulation de déchets et de liquides non éliminés par les reins.
La reconnaissance précoce des symptômes de l’IRC peut permettre une intervention rapide et une meilleure gestion de la maladie. N’oubliez pas que la gestion proactive de l’IRC est essentielle pour maintenir la qualité de vie.
L’IRC est classée en 5 stades. Les stades 3 à 5 sont les plus sévères. Il est alors nécessaire de réaliser un suivi biologique régulier et des consultations fréquentes auprès d’un néphrologue, le médecin spécialiste des reins.
Le diagnostic et la gestion de l’IRC
Quel diagnostic pour une IRC ?
Le diagnostic de l’IRC est généralement confirmé par des analyses sanguines et urinaires qui évaluent la fonction rénale et la présence de marqueurs spécifiques. Le DFG et la créatinine seront essentiels, en première intention, pour connaître l’état de votre fonction rénale.
Votre médecin vous demandera certainement de réaliser une analyse urinaire, un bilan sanguin complet. Une échographie peut également être nécessaire. De plus, un scanner ou un doppler pourront être envisagés, ainsi qu’une biopsie. Ce dernier examen peut sembler impressionnant. Il est réalisé par un néphrologue ou un radiologue en milieu hospitalier sous anesthésie locale.
Il existe 5 stades de l’insuffisance rénale chronique selon le DFG :
La clairance à la créatinine (selon la formule CKD-Epi) Stade d’insuffisance rénale :
- 120 ml/mn : normal
- < 90 ml/mn : insuffisance rénale débutante
- < 60 ml/mn : insuffisance rénale modérée
- < 30 ml/mn : insuffisance rénale sévère
- < 15 ml/mn : insuffisance rénale terminale 1
Comment prendre en charge une IRC ?
Une fois diagnostiquée, la gestion de l’IRC vise à ralentir sa progression et à traiter les complications. Si vous n’avez pas compris votre maladie, lors de l’annonce du diagnostic, vous aurez l’occasion d’en reparler avec des infirmiers et/ou diététicien si vous rejoignez notre programme d’éducation thérapeutique MRC.
Votre néphrologue et votre médecin traitant vous demanderont certainement de modifier certaines habitudes alimentaires, à commencer par supprimer le sel de votre alimentation. Le sel a un impact néfaste sur la fonction de vos reins.
Cela peut impliquer des changements de régime alimentaire, un contrôle strict de la pression artérielle, des médicaments et, éventuellement, la dialyse ou la transplantation rénale.
Vivre avec l’IRC
Vivre avec une insuffisance rénale chronique peut être compliqué. Plus votre maladie sera avancée, plus les contraintes seront nombreuses.
Une fois le choc passé, il est essentiel de tenter de maintenir une attitude positive. N’hésitez pas à consulter un psychologue, pour évoquer avec lui votre ressenti sur votre condition. Vos médecins, les équipes infirmières, les aides-soignants et autres professionnels de santé que vous rencontrerez seront toujours à votre écoute.
Il est également essentiel d’en parler avec votre entourage, en leur expliquant votre maladie, les raisons de la prise en charge qui vous a été proposée. Votre entourage sera votre meilleur soutien au quotidien. N’hésitez pas à leur partager ce site web, qui pourra répondre à certaines de leurs questions.
Vous allez apprendre à vivre avec l’IRC, au fil du temps. A son stade terminal, l’insuffisant rénal peut être orienté vers la dialyse, la greffe ou la prise en charge de l’insuffisance rénale chronique terminale sans dialyse.
La dialyse
En réponse à l’insuffisance rénale chronique terminale, la dialyse peut être proposée.
Il existe deux types de dialyse : l’hémodialyse et la dialyse péritonéale.
L’hémodialyse
L’hémodialyse correspond à une technique de dialyse qui nécessite une voie d’abord sanguine (cathéter ou fistule artérioveineuse). À partir de cette voie d’abord, le sang est ponctionné et passe plusieurs fois dans une machine pour éliminer les déchets et le liquide en surplus.
Dans la plupart des cas, l’hémodialyse est réalisée trois fois par semaine durant 4H, en milieu hospitalier. Aucune séance ne doit être manquée. C’est votre vie qui est en jeu.
Si vous êtes très autonome, avec peu de maladies associées, en capacité d’apprendre et que vous répondez à certains critères, l’hémodialyse peut être réalisée au domicile, soit 2 à 3H tous 5 à 7 jours sur 7 soit durant la nuit, 3 fois par semaine. La faisabilité de ce type de traitement doit être discutée avec votre néphrologue.
La dialyse péritonéale
La dialyse péritonéale est une technique de dialyse qui utilise le péritoine comme membrane d’échange pour permettre l’élimination des déchets et des liquides en surplus. Le péritoine est une membrane qui enveloppe vos viscères. Il est donc nécessaire de positionner un cathéter dans le ventre puis d’infuser plusieurs fois par jour du liquide appelé dialysat pour que l’épuration soit réalisée.
Cette technique de dialyse ne peut être envisagée que si vous n’avez jamais subi d’opération qui aurait endommagé votre péritoine.
La dialyse péritonéale se déroule au domicile soit :
- De manière continue : des poches sont infusées et vidangées dans le ventre 4 fois par jour 6 à 7 jours sur 7 (l’infusion et la vidange d’une poche durent environ 30 mn, entre ces gestes, vous êtes libres de réaliser vos occupations habituelles)
- La nuit, sur une machine : vous êtes branchés la nuit à une machine qui réalise les infusions et vidanges nécessaires 6 à 7 jours sur 7
Le choix de la méthode de dialyse péritonéale se fait en fonction du désir du patient mais aussi des caractéristiques de votre péritoine, des capacités à réaliser seul les poches ou la nécessité du passage d’une infirmière au domicile… Il est donc nécessaire de vous rapprocher de votre néphrologue pour avoir plus d’explications.
Pour en apprendre plus sur la dialyse, nous avons créé un programme d’éducation thérapeutique qui répondra à vos questions.
La greffe rénale
Les conditions d’accès à la greffe rénale dépendent de votre maladie rénale initiale et surtout des autres maladies notamment cardio-vasculaires dont vous pouvez être atteints. Votre médecin néphrologue vous annoncera si vous pouvez être inscrit sur liste d’attente.
Une fois greffé, le patient peut retrouver une fonction rénale normale. Néanmoins, vivre avec un organe greffé nécessite de prendre des médicaments à vie et d’accepter un suivi médical régulier à vie pour prévenir certaines complications et prolonger le plus longtemps possible la survie du greffon.
La prise en charge de l’insuffisance rénale chronique terminale sans dialyse
Si votre état de santé est dégradé notamment du fait d’autres insuffisances d’organe ou si vous refusez une prise en charge par dialyse car vous la trouvez trop contraignante, il est possible d’envisager une prise en charge de l’insuffisance rénale sans dialyse.
Il faut comprendre que ce type de prise en charge a pour but de préserver au mieux votre qualité de vie mais qu’elle peut entrainer une diminution de votre durée de vie.
La prise en charge de l’insuffisance rénale chronique terminale sans dialyse repose sur des consultations régulières avec le néphrologue pour adapter les traitements aux symptômes de l’insuffisance rénale. Un accompagnement par un psychologue peut être envisagé.
N’hésitez pas à en parler avec votre néphrologue si vous pensez qu’il s’agit de la meilleure prise en charge pour vous.
Conclusion
L’Insuffisance Rénale Chronique est une affection complexe qui nécessite une gestion proactive. Le patient doit comprendre les causes de sa maladie et les options de traitement. L’IRC est une atteinte comprenant 5 stades d’évolution. Les stades 3, 4 et 5 sont les plus graves.
Avec un diagnostic précoce et des soins appropriés, de nombreux patients peuvent ralentir la progression de leur maladie et maintenir une bonne qualité de vie malgré la maladie. Il est donc nécessaire de vous informer au plus tôt sur les éléments qui permettent de ralentir la progression de la maladie. Nous vous invitons à suivre notre programme d’éducation thérapeutique pour cela.